Bordeaux en scène

11 septembre 2017

Les Choristes - « Les morceaux du spectacle ne font pas avancer l'histoire, mais nourrissent les personnages qui la composent »

Fin mai 2004, seulement 10 semaines après sa sortie en salles, le film Les Choristes franchissait la barre des 8 millions d'entrées. Treize ans plus tard, son réalisateur, Christophe Barratier, a décidé de l'adapter sur scène. La troupe du spectacle musical est actuellement en tournée. Jeudi dernier, le Directeur et le surveillant de l'Internat "Le Fond de l'Etang" étaient de passage à Bordeaux. Rencontre avec Patrick Zard et Jean-Louis Barcelona.

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Jean-Louis Barcelona et Patrick Zard

Bordeaux en scène Patrick, dans ce spectacle, vous êtes odieux ! Que préférez-vous : interpréter un rôle assez proche de votre personnalité au quotidien, ou aller dans le contre-emploi comme c'est, je suppose (!), le cas ici ?

Patrick Zard Jouer un méchant, c'est jubilatoire ! Rachin est tellement méchant qu'il en est drôle. C'est ce qu'on appelle un méchant de comédie, à l'instar des personnages que campait Louis de Funès qui, à force d'être tyranniques, en deviennent ridicules. Alors oui, tous les soirs, je me fais huer. Mais c'est un plaisir de se faire huer !

Jean-Louis Barcelona Ça veut dire qu'il est très bon comédien.

Patrick Zard Sauf qu'à la 47e représentation, je ne me suis pas fait huer. Je n'ai pas dû être bon...

Jean-Louis Barcelona - Il était très triste de ne pas s'être fait huer.

Bordeaux en scène - Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans chacun de vos personnages ?

Jean-Louis Barcelona Clément Mathieu est un personnage touchant, attendrissant, sensible, au dévouement des autres, et malicieux. Je pense que Christophe Barratier a ressenti que j'avais la profonde envie d'interpréter ce rôle. En même temps, c'était un vrai challenge.

Patrick Zard - Le rôle de composition que propose le personnage de Rachin. Il faut être crédible, drôle et méchant à la fois.

Jean-Louis Barcelona - Mais ça, tu l'es déjà !...

Patrick Zard - C'est un sacré dosage à trouver. Le piège serait de tomber dans la caricature. Il faut éviter de trop "defunessiser" le personnage.

Jean-Louis Barcelona - Oui, car on peut monter en puissance très rapidement...

Bordeaux en scène - Quelle différence fondamentale faîtes-vous entre le théâtre et le cinéma ?

Jean-Louis Barcelona Au cinéma, il peut y avoir des gros plans, des plans de coupe, etc. La meilleure prise sera retenue. Au théâtre, c'est du one shot : c'est comme un grand plan séquence. On se retrouve face au public. L'émotion est décuplée.

Patrick Zard Par rapport au film qui était déjà très tranchant, l'émotion dégagée est démultiplée, je confirme.

Bordeaux en scène - J'ai dénombré 5 chansons dans le film interprétées par le choeur d'enfants, 12 dans le spectacle musical... Est-ce que cela signifie que les comédiens chantent ?

Jean-Louis Barcelona C'est exactement cela ! On a été coachés par Baptiste Famery. Un défi personnel qui s'ajoute à l'incarnation du rôle de Clément Mathieu. Les morceaux du spectacle ne font pas avancer l'histoire, mais nourrissent les personnages qui la composent, dont les enfants. Ces voix cristallines, cette beauté, cette pureté, cette rigueur, cette spontanéité, cette fraîcheur... C'est magnifique. Chaque soir, on est cueillis. Comme le public. Je comprends les standing ovation. Elles sont pour eux.

Patrick Zard Je trouve que Christophe Barratier a parfaitement réussi son coup, en ce sens que les morceaux interprétés par les adultes sont presque "dessinés" pour des comédiens. 

Bordeaux en scène - Pourquoi un internat mixte, alors qu'en 1949, cela n'existait pas ?

Patrick Zard - Dans le film, le choeur d'enfants est exclusivement constitué de jeunes garçons. Dans la bande son originale, on entend des voix de filles. Celles-ci n'apparaissent pas à l'écran. Un choeur mixte est pourtant bien plus puissant et beau qu'un choeur spécifiquement composé de garçons ou de filles. C'est ce qu'on a voulu montrer sur scène.

Bordeaux en scène - Jean-Louis, si je vous dis Isabelle Mergault...

Jean-Louis Barcelona - La femme de ma vie. C'est quelqu'un que je porte dans mon coeur. C'est la première personne à m'avoir écrit une pièce de théâtre et 3 rôles sur-mesure dans "Adieu, je reste" avec Chantal Ladesou, "L'Amour sur un plateau" avec Pierre Palmade et "Ouh Ouh", ainsi  qu'un rôle au cinéma dans "Donnant Donnant". C'est aussi la seule qui a les clefs de mon appartement !

Bordeaux en scène - Vous avez tous deux tourné avec des pointures internationales : Pierce Brosnan et Emma Thompson pour Jean-Louis dans Duo d’escrocs en 2013, Woody Allen et Emma Stone pour Patrick dans Magic in the Moonlight en 2014. Quel souvenir en gardez-vous ?

Jean-Louis Barcelona J'étais super content et très heureux d'apprendre au contact d'une telle distribution.

Patrick Zard - Pour ma part, c'était très émouvant. Woody Allen n'est pas quelqu'un de directif, il ne dirige pas. On m'avait prévenu : "Ne sois pas étonné s'il ne te dit rien, ce sera même bon signe." Ce fut le cas. Je me souviens qu'il essayait constamment, entre les prises, de faire rire Emma Stone. Quand il y parvenait, son visage s'illuminait !

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"Merci Alexis pour ta gentillesse, ton professionnalisme ! Super souvenir et
interview. 
Plein de Bonheur. Bises. Jean-Louis Barcelona."

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"Pour Alexis. En souvenir de cet agréable moment dans une cave bordelaise.
Bien amicalement. Zard'."